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Il y a des moments dans l’Histoire où des changements importants surviennent très rapidement. Je pense, par exemple, aux deux guerres mondiales qui ont complètement transformé la société. La pandémie est un de ces moments.

La perspective prochaine d’un vaccin est évidemment une bonne chose pour un retour attendu à la vie normale. Mais je ne crois pas que le monde de l’après-COVID sera le même. Du moins, en agriculture. On remarquait déjà une nouvelle génération intéressée par le travail de la terre dans des modèles agricoles plus variés que ce qu’on voyait traditionnellement au Québec. L’année 2020 pourrait bien avoir accéléré ce mouvement.

Changements positifs

Les changements positifs au sein de l’Union sont déjà amorcés. Dans les dernières semaines, j’ai participé aux assemblées des syndicats locaux dans chacune des MRC et ce que j’y ai vu m’a enchanté. Ça m’a agréablement surpris de voir de nombreuses nouvelles femmes et des jeunes qui ont été élus et s’impliquent au sein de l’UPA. Nous sommes vraiment bien outillés pour relever les défis et les embûches qui ne manqueront pas de survenir.

Il y a des enjeux différents qui sont apportés par cette nouvelle génération. Par exemple, la conciliation travail-famille et l’accès aux services de garde sont un réel enjeu qui touche davantage les femmes qui souhaitent se lancer et s’impliquer en agriculture. On l’a vu, au début de la pandémie, quand les centres de la petite enfance ont fermé, on a tenté de faire reconnaître l’agriculture comme un service essentiel pour l’accès aux services de garde d’urgence.

Pour les jeunes agriculteurs et agricultrices, l’enjeu des changements climatiques est beaucoup plus concret que pour ma génération. J’ai constaté des changements et je suis conscient de ce qui nous attend, mais les jeunes qui commencent en agriculture subiront des impacts beaucoup plus importants que moi dans ma carrière. Que l’on pense aux risques accrus de sécheresses, aux inondations plus fréquentes ou aux phénomènes météorologiques plus extrêmes.

L’implication de ces jeunes à l’Union est certainement une bonne chose pour que les producteurs et productrices d’ici soient les mieux préparés à s’adapter à ce qui s’en vient. Je suis convaincu qu’il s’agira d’un des enjeux les plus importants en agriculture dans le prochain siècle.

Cet élan des femmes et des jeunes en agriculture est positif, mais demeure fragile. Pour qu’il se poursuive, on doit mettre en place des conditions qui permettent de développer l’ensemble de la filière agricole.

Depuis quelques mois, le gouvernement prône l’accroissement de l’autonomie alimentaire. Notamment dans son discours du 12 novembre, le ministre André Lamontagne a annoncé de nouvelles mesures de soutien et de promotion pour y parvenir. Il a dit également souhaiter utiliser la FADQ pour relancer l’économie des régions en lui donnant le mandat d’augmenter ses activités, d’améliorer son accompagnement en service-conseils et de prendre une plus grande part de risques dans les dossiers. Je suis confiant qu’avec cette vision, les prochaines années nous permettront de poursuivre sur notre lancée.