https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

L'accaparement des terres, un enjeu pour la ruralité régionale

Rouyn-Noranda, 16 mars 2015 – Demain, le 17 mars, à 10 h, la Fédération de l’UPA de l’Abitibi-Témiscamingue sera en auditions publiques à la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN) sur le mandat d’initiative portant sur l’accaparement des terres agricoles.En Abitibi-Témiscamingue, il existe des exemples pouvant être qualifiés d’accaparements des terres. Dans plusieurs cas, il s’agit d’une entreprise hors région qui vient acheter des terres en Abitibi-Témiscamingue, souvent en raison des prix moins élevés qu’ailleurs, aux fins de la production agricole. Dans le mémoire déposé à la CAPERN sur le sujet, la Fédération site en exemple les cas de deux entreprises qui possèdent un total d’environ 2 860 hectares, ce qui équivaut à plus ou moins neuf fermes moyennes en région.

Selon Sylvain Vachon, président de la Fédération régionale, « Ces entreprises ne participent aucunement à l’économie locale et les exploitants ne demeurent pas en région. Trois enjeux principaux résument nos préoccupations, par rapport à la propriété des terres en région, soit la pérennité de la dynamique agricole, l’établissement et le maintien du nombre de fermes et la vitalité des milieux ruraux. »

L’arrivée de ce modèle d’entreprise agricole sur le territoire n’est pas non plus sans conséquence sur les autres entreprises du territoire ou celles en devenir. Afin d‘exposer les impacts de ce type d’acquisition, deux jeunes producteurs de céréales de Sainte-Germaine-Boulé, Maxime et Alexandre Bégin, témoigneront de leur expérience devant la commission.

La Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue est d’avis que des mesures doivent absolument être prises rapidement pour mettre en place un outil de suivi des transactions foncières afin de mieux documenter et de contrer le phénomène de financiarisation des terres agricoles. De plus, il serait pertinent, pour une période de trois ans, de prendre des mesures pour limiter à 100 hectares la superficie que toute personne ou entité peut acquérir en une année, excluant les transferts intergénérationnels.

Toujours selon M. Vachon, il est impératif de maintenir, voire d’augmenter, le nombre d’entreprises agricoles en région, car cela permet de dynamiser les milieux ruraux et, par le fait même, de créer un environnement motivant pour les producteurs et productrices en place ainsi que la relève.

— 30 —

Source et information :
Martine Delage, agronome
Responsable de la vie syndicale
Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue
819 762-0833, poste 316