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Rouyn-Noranda, 26 janvier 2016 – Plus de 7 300 hectares de terres agricoles ont été acquis par des non-résidents de notre région entre 2009 et 2015, principalement au Témiscamingue et en Abitibi-Ouest (près de 90 % des superficies transigés). Ces données, basées à partir de 39 transactions, comptabilisent une valeur qui dépasse les 15 millions de dollars. Fait d’autant plus inquiétant, cette énonciation ne tient pas compte des 1 335 hectares (3 300 acres) qui ont récemment fait l’objet de promesses d’achat au Témiscamingue par des investisseurs asiatiques. Mentionnons que cette information a été mise en lumière à la suite du travail du Syndicat local de l’UPA du Témiscamingue.

Selon Sylvain Vachon, président de la fédération régionale de l’UPA, « la relève agricole ne peut concurrencer ce genre de joueurs qui détiennent de grands capitaux. En ne résidant pas en région, ces financiers ne dépensent pas en région, n’inscrivent pas d’enfants dans les écoles et ils contribuent à la dévitalisation des villages ».

Par ailleurs, la financiarisation des terres préoccupe aussi certaines MRC, municipalités et chambres de commerce de la région qui ont appuyé l’UPA dans ses démarches visant la conservation du patrimoine agricole. Elles demandent, entre autres, au ministre de l’Agriculture de mettre en place des avantages comparatifs en faveur des fermes familiales, dans le but de favoriser l’établissement de la relève et l’occupation dynamique du territoire.

Rapidement, le gouvernement doit agir sur l’accaparement des terres et limiter à 100 hectares, pour une période de trois ans, la superficie que toute personne ou entité peut acquérir en une année, excluant les transferts intergénérationnels. Selon Sylvain Vachon, « la mise en place de ce moyen permettrait de contrer la spéculation foncière en plus d’avoir des impacts notables sur l’accès à la profession pour la relève entrepreneuriale. »

Pour la fédération régionale, l’accaparement des terres est l’une des répercussions du manque de vision et de l’inaction du gouvernement. La volonté politique doit se traduire dans l’inscription du secteur agroalimentaire parmi les stratégies de développement économique prioritaires du Québec. En plus d’encadrer le phénomène d’accaparement des terres, en région, cette vision devrait se traduire par la révision des programmes d’aide à la relève, la bonification des programmes d’assurance récolte, la reconduction du programme de drainage des terres agricoles ainsi que par la mise en place de programmes de sécurité du revenu fiables et efficaces.

« Le gouvernement doit démontrer qu’il a à cœur la pérennité du modèle agricole québécois basé sur des agriculteurs de métier qui habitent le territoire et dynamisent les milieux ruraux. Il doit soutenir les agriculteurs et agricultrices qui assurent la sécurité alimentaire de la province et du pays. L’inaction a assez duré, il est plus que temps d’agir! », de conclure M. Vachon.

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Source et information :
Mariève Migneault, B.A.A.
Responsable de la vie syndicale et des communications
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