https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

La Financière agricole du Québec (FADQ) demande à des groupes de producteurs de faire un choix définitif, d’ici le 1er juillet, entre les programmes d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) et les programmes Agri-Québec. Avec une telle façon de faire, le gouvernement du Québec détourne l’attention. Il détourne l’attention du vrai problème qui est son désinvestissement en agriculture. Quand on sait que cette décision touche plus de 45 % des assurés à l’ASRA et 85 % des volumes de céréales produites au Québec, on est en droit de se demander s’il s’agit d’une stratégie pour abolir l’ASRA dans toutes les productions à plus ou moins brève échéance.

Considérant que 70 % des fermes de l’Abitibi-Témiscamingue sont assurées à l’ASRA, il s’agit d’un outil essentiel pour le développement du secteur agricole de notre région. En 2009, le gouvernement a appliqué des mesures de resserrement à l’ASRA malgré nos mises en garde répétées sur les effets dévastateurs qu’auraient ces changements. Cette réforme, qui était moins radicale que la fin du programme, a effectivement fait mal. De 2008 à 2013, le nombre d’assurés a diminué de 33 % en région et de 20 % au Québec. Depuis 2010, le nombre de fermes dans les productions d’agneaux, de bovins et de porc a diminué de plus de 30 %, au Québec. En Abitibi-Témiscamingue, ce sont 25 % des fermes bovines et 45 % des fermes ovines qui ont disparu. La région compte maintenant moins de 570 fermes. Dans ce contexte et surtout, considérant l’étendue du territoire, elle doit relever tout un défi pour maintenir des services.

Ça fait des années qu’on dit que c’est difficile dans notre région. Nous ne sommes pas de plus mauvais producteurs qu’ailleurs, c’est juste que nos réalités sont différentes. L’éloignement des marchés et les unités thermiques sont des exemples de désavantages. La faible valeur des actifs, dus à une plus faible valeur des terres, ne fournit pas les leviers nécessaires pour accéder au financement et profiter des opportunités. Ces facteurs font en sorte qu’il est plus difficile, en région, de changer de productions pour profiter des hausses de prix sur les marchés. Les entreprises agricoles sont donc plus sensibles aux variations dans les programmes de sécurité du revenu. De plus, elles n’ont pas assez de richesse accumulée pour faire face aux coups durs, la majorité ayant deux générations ou moins. Disons que nos entreprises sont plus rapidement « déshabillées » que d’autres régions.

Les producteurs ne devraient pas avoir à choisir entre l’ASRA ou les AGRIS. Ils devraient simplement pouvoir compter sur les deux programmes. Le gouvernement doit reporter le vote et rapidement appliquer les recommandations du comité ministériel sur la sécurité du revenu. La FADQ possède déjà les budgets pour appliquer ces recommandations.

Nous faisons appel à votre solidarité, productrices et productrices agricoles du Québec. Le dossier de la sécurité du revenu revêt une importance capitale pour l’avenir de l’agriculture dans notre région. Nous avons le potentiel pour développer l’agriculture, nous bénéficions des terres disponibles, des jeunes formés et intéressés. Toutefois, pour établir des jeunes, il est essentiel de bénéficier de bons programmes de sécurité du revenu qui assureront le maintien des fermes dans le temps. Donnez-nous la chance de poursuivre notre impact positif dans nos communautés et de pratiquer notre métier dignement!

Nous vous enjoignons de signer dès maintenant la pétition « Mouvement de solidarité des producteurs pour la sécurité du revenu en agriculture ». Vous pouvez d’ailleurs la signer à partir de la page Facebook « Solidarité sécurité du revenu ». Sur cette même page, que nous vous invitons à partager, consultez la vidéo fort éloquente de Charles-Félix Ross, directeur général de l’UPA, intitulée « ASRA ou Agris? L’art de déshabiller les producteurs ». Aussi, pourquoi ne pas sensibiliser aussi vos députés à la situation si vous en avez la chance?

Êtes-vous vraiment à l’abri du processus de désinvestissement de l’État en agriculture? Ne vous laissez pas berner par le gouvernement. Soyons solidaires et ne nous laissez pas tomber!

 

Sylvain Vachon, président, Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue

Pascal Rheault, président, Producteurs de grains d’Abitibi-Témiscamingue

Stanislas Gachet, président, Syndicat des producteurs de bovins d’Abitibi-Témiscamingue

Gabriel Rancourt, président, Producteurs de lait d’Abitibi-Témiscamingue

Simon Leblond, président, Syndicat de la relève agricole d’Abitibi-Témiscamingue