https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

L’agriculture est en grande pénurie de personnel. Mais il ne s’agit pas d’un domaine comme les autres, car il permet à la population de s’alimenter. Les agriculteurs doivent de plus en plus recourir à de la main-d’œuvre étrangère pour réussir à remplir les tablettes des supermarchés. Il n’y a rien de mal à cela, mais si nous voulons développer l’agriculture et remettre en production des terres en friche, cela prendra beaucoup de jeunes qui choisissent de faire carrière en agriculture.

Il s’agit d’un métier très valorisant, même pour les gens qui ne sont pas propriétaires de leur entreprise. Le Québec, et particulièrement l’Abitibi-Témiscamingue, est à la croisée des chemins. Plusieurs producteurs agricoles approchent l’âge de la retraite et ils n’ont pas tous une relève prête à prendre les rênes de l’entreprise.

Je suis toujours très étonné de constater que des enfants et des adolescents, qui vivent dans une région où l’agriculture est un pilier économique comme l’Abitibi-Témiscamingue, ne connaissent pas la provenance de leur nourriture. Il y a tellement d’abondance dans les supermarchés que nous avons oublié l’époque où la nourriture était précieuse et en quantité limitée. Or, chaque fois que nous prenons un repas, il y a des producteurs agricoles qui ont travaillé fort pour nous. Nous l’oublions trop souvent.

Toutefois, je suis convaincu que plusieurs jeunes ont la vocation agricole, mais passent à côté d’une belle carrière en raison d’un manque de connaissances. La tendance pourrait bien s’inverser, car plusieurs belles initiatives pour faire connaître le monde agricole se développent actuellement.

L’UPA a notamment développé le jeu Kasscrout, qui permet aux jeunes de connaître plusieurs productions différentes et les méthodes de production. Grâce à l’initiative de la productrice Mélanie Rivard, de la Ferme La Poul-a-ries, le jeu sera très présent dans les écoles de la région. Le Syndicat de la relève agricole sensibilise également des centaines de jeunes chaque année.

Le retour de la journée « Portes ouvertes sur les fermes du Québec » permettra également à des centaines, voire des milliers de personnes, de visiter la Ferme Rose Haven, de Lorrainville, en septembre. Je tiens d’ailleurs à féliciter le Syndicat local de l’UPA du Témiscamingue et les propriétaires Michel, Liliane et Hans Tenhave.

Des MRC de la région ont aussi fait de l’attractivité de producteurs agricoles une grande priorité. Développer les terres en friche devient une nécessité avec la guerre en Ukraine et les changements climatiques. Dans les dernières années, nous avons vu plusieurs jeunes motivés et talentueux démarrer leur entreprise agricole. Il y a de la place pour beaucoup plus.

J’invite donc tous les organismes qui oeuvrent auprès des jeunes à faire connaître le monde agricole et à montrer qu’il y a de très beaux métiers en agriculture. La fierté de nourrir la population n’a pas son égal.