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Le ministère des Forêts de la Faune et des Parcs a été pointé du doigt récemment dans les médias pour sa proximité avec l’industrie forestière. Selon un reportage de l’émission Enquête, l’État ne tirerait pas sa juste part de l’exploitation des forêts publiques du Québec.

Cette forme de rabais permanent offert à l’industrie forestière pour récolter, transformer et vendre nos arbres enlève tout rapport de force pour que les producteurs de bois en forêts privées puissent négocier un meilleur prix.

Depuis un an, le prix du bois a beau avoir grimpé de 300 % dans les quincailleries, les producteurs de bois privés touchent le même revenu pour leur précieuse ressource ligneuse. L’essentiel de la hausse du prix du bois se retrouve dans les poches de l’industrie forestière.

Dans tout ce débat entourant l’exploitation forestière, il ne faut donc pas perdre de vue que les grands perdants sont les producteurs privés qui subissent une forme de concurrence déloyale de l’État qui les empêche d’aller chercher un juste prix pour leur ressource.

En plus, les règles pour l’exploitation des forêts privées ne sont pas les mêmes qu’en forêt publique. On a qu’à penser à toute la règlementation concernant les milieux humides et hydriques qui ne s’applique pas en terres publiques alors qu’elle représente des coûts et des limitations à l’exploitation des forêts privées.

Rapport de force absent

La crise du bois de charpente fait ressortir les inégalités entre les différents acteurs de l’industrie. Les producteurs privés doivent pouvoir récupérer leur rapport de force avec l’industrie pour profiter eux aussi de la forte demande pour le bois.

Retrouver ce rapport de force passera nécessairement par des changements au ministère des Forêts de la Faune et des Parcs. Son rôle devrait consister à ce que toute la chaîne de production puisse évoluer dans un marché équitable où l’ensemble des acteurs y trouvent leur compte, y compris les producteurs privés.

Les agriculteurs affectés

Plusieurs producteurs agricoles sont également des producteurs forestiers. Pour ajouter l’insulte à l’injure, en plus de ne pas recevoir leur juste prix pour le bois qu’ils vendent, ils devront payer plus cher s’ils veulent construire des bâtiments agricoles qui sont en grande majorité construits en bois.

Plusieurs décideront sans doute d’utiliser leur propre bois dans leur construction. D’ailleurs, la vente de petits moulins à scie a explosé.

Mais plusieurs entreprises remettront tout simplement leur projet. Or, pour que les fermes puissent demeurer rentables et survivre à long terme, elles doivent pouvoir moderniser leurs bâtiments. Les projets de démarrage seront également impactés.

Est-ce que La Financière agricole ou le ministère de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation adapteront les programmes existants ou en mettront en place pour contrebalancer la hausse des matériaux? Est-ce qu’il y a d’autres solutions pour soutenir nos entreprises? Un autre enjeu à suivre et à défendre.