https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

Je n’ai pas été surpris par la publication du 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui prédit des conséquences désastreuses si nous ne changeons pas rapidement nos habitudes. Les changements climatiques m’interpellent énormément pour mes enfants et petits-enfants.

En tant qu’agriculteur, je suis bien placé pour constater qu’il y a déjà beaucoup de changement dans mes champs. Tous les producteurs et productrices le constatent déjà, car l’environnement est notre outil de travail principal.

La question climatique doit devenir une priorité pour les citoyens, mais aussi pour les décideurs qui ont un grand rôle de leadership à jouer.

À ce niveau, j’ai trouvé épouvantable la décision de Santé Canada de tenir une consultation afin d’augmenter les normes de pesticides sur certains produits agricoles. Les producteurs sont les premiers à vouloir moins de pesticides, mais il faut des solutions de rechange et celles-ci viendront de la recherche. Heureusement, Ottawa a reculé devant la grogne populaire et des producteurs agricoles.

Au niveau des changements climatiques, les producteurs agricoles peuvent et veulent faire partie de la solution afin d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050, ce que recommande le GIEC pour stabiliser la hausse du climat global.

Recherche

Pour y arriver, les gouvernements doivent investir davantage en recherche, particulièrement en région, puisque nous avons des conditions climatiques et des sols différents. Il y a déjà des projets à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue qui sont très emballants, mais ça en prend encore plus.

Il y a déjà des agriculteurs qui font de la recherche appliquée en région, notamment au niveau de la captation de carbone par les sols. Il s’agit certainement d’une solution novatrice et prometteuse afin de réduire l’impact climatique de la production agricole. Mais ce type de projet doit être davantage supporté par les gouvernements.

Formation

Une autre clé pour rendre l’agriculture plus efficace est la formation. Plusieurs services sont déjà en place et j’encourage tous les producteurs et productrices à suivre les activités du Collectif en formation agricole et à s’inscrire aux formations qui les intéressent. Les changements climatiques arriveront et il faudra s’y adapter. Il faut donc modifier certaines de nos pratiques pour être plus résilients face aux nouvelles conditions qui seront maintenant les nôtres.

Les fédérations régionales travaillent fort dans le programme Agriclimat, qui débute sa phase 2. Celle-ci permettra notamment à plusieurs fermes de passer à l’action et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.