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Voulez-vous vivre dignement de votre profession, développer votre ferme, transférer une entreprise solide à votre relève? Voulez-vous plusieurs familles agricoles qui habitent nos campagnes et des villages vivants? Moi aussi, c’est ce que je veux!

Il est déconcertant de constater le manque de vision de nos gouvernements envers le secteur agricole qui crée des emplois et qui engendre des retombées économiques enviables. En 2014, l’agriculture et la transformation alimentaire ont généré des ventes s’élevant respectivement à huit milliards de dollars (8 G$) et 24 G$. Les deux secteurs combinés représentent 200 000 emplois directs et indirects au Québec (5,1 % des emplois) et 4,5 G$ en revenus pour les différents paliers de gouvernement.

Au cours de la dernière année, les outils collectifs du monde agricole ont subi des pressions de part et d’autre. Les gouvernements doivent poser des actions afin de préserver notre modèle d’agriculture.

Notamment, ils doivent s’assurer que les mécanismes de mise en marché collective, comme la gestion de l’offre, continuent de jouer pleinement leur rôle. À cet effet, l’inaction a assez duré, il faut agir! Des mesures correctives doivent être implantées pour contrôler l’importation des protéines laitières qui font chuter les prix du lait au Canada et dont nos fermes régionales sont aussi victimes.

Par ailleurs, une reconduction du Programme de drainage des terres agricoles, en région, permettrait de continuer à améliorer les rendements des cultures et la productivité des entreprises. Ce dossier doit être prioritaire pour nos élus régionaux! L’inaction a assez duré!

De plus, le gouvernement du Québec a entre les mains, depuis décembre 2014, un rapport qui présente des recommandations unanimes pour renouveler la sécurité du revenu. Entre autres, on y propose d’actualiser l’assurance stabilisation des revenus agricoles et de valoriser les petites entreprises agricoles ainsi que la diversification des cultures. L’une de ces recommandations serait également bénéfique pour les régions à potentiel limité comme la nôtre. Le gouvernement doit donner suite à ce rapport et poser les gestes qui s’imposent. Notre patience à ses limites, l’inaction a assez duré!

Depuis plusieurs années, nous demandons une bonification des programmes d’assurance récolte afin qu’ils garantissent une réelle gestion des risques. Les producteurs doivent être protégés pour faire face aux aléas de dame nature. Malgré nos multiples représentations, force est de constater qu’il y a peu de réceptivité à ce niveau. L’inaction a assez duré!

Finalement, je suis inquiet de voir que de plus en plus de terres appartiennent à des non-résidents. Entre autres, l’arrivée des investisseurs chinois et leur visée sur nos terres sont fort préoccupantes! Voilà, à mon avis, l’une des conséquences de l’inaction et du manque de vision du gouvernement. La volonté politique doit se traduire dans l’inscription du secteur agroalimentaire parmi les stratégies de développement économique prioritaires du Québec. Il faut mettre en place un environnement d’affaire permettant à l’agriculture locale de se développer, d’occuper le territoire et d’acheter les terres disponibles. Comme il est impossible de concurrencer les grands capitaux sur un pied d’égalité, l’Union demande aussi la mise en place de diverses mesures visant à protéger le foncier agricole. Il s’agit d’un enjeu majeur, particulièrement pour la relève agricole. Encore une fois, l’inaction a assez duré!

Les producteurs ont besoin de signaux positifs pour continuer de contribuer à l’économie, à l’occupation du territoire agricole et à la vitalité des campagnes du Québec. À ce stade, il ne manque que de la volonté politique de la part du gouvernement pour faire avancer les dossiers et enfin parvenir à des résultats. Dans ce contexte, la solidarité prend tout son sens. Il est donc important de demeurer « forts et unis » pour les agriculteurs et agricultrices de métier et pour notre modèle agricole, c’est-àdire, pour l’avenir de notre région. Malgré le contexte difficile, l’Union continue de déployer les efforts nécessaires pour défendre les intérêts des producteurs et productrices agricoles et pour améliorer leurs conditions de travail.