https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

Ça fait plusieurs années que je suis convaincu que l’Abitibi-Témiscamingue a un potentiel agricole énorme. Les dernières décennies ont été difficiles avec la perte de nombreuses entreprises et d’hectares cultivés.

Mais depuis quelques années, on sent que la roue est en train de tourner avec une nouvelle génération de producteurs agricoles et de nouvelles techniques culturales bien adaptées à notre climat et nos sols. Le nombre d’entreprises est en croissance et plus de 9 000 hectares ont été remis en production en 2021.

Récemment, l’émission La Semaine verte a présenté un reportage sur le potentiel agricole méconnu du Témiscamingue, « qui compte les terres les moins dispendieuses au Québec », pouvait-on y entendre. Je vous invite à visionner l’épisode si vous l’avez manqué, car il est excellent et rempli d’espoir.

Les gens de ma génération ont vu leurs parents et grands-parents défricher à coup de sueur des terres à ce point différentes de ce qu’ils retrouvaient dans le sud du Québec et que leurs récoltes étaient décevantes. Il faut bien le dire, nos ancêtres tiraient le diable par la queue.

Il ne faut donc pas se surprendre que pendant les 40 ans qui ont suivi, plusieurs ont quitté la terre et la plupart de leurs enfants n’avaient aucune envie de suivre leurs traces. Ces stigmates d’une terre glaiseuse, trop humide ou trop dure par temps sec sont tenaces.

Région jeune

On l’oublie parfois, mais la région est très jeune. Le reste du Québec a un savoir plusieurs fois centenaires alors que la région a été développée il y a à peine 100 ans.

Ce n’est que récemment que l’on a commencé à faire de la recherche et à développer des techniques culturales mieux adaptées à notre climat et nos sols.

Un bon exemple est le drainage de nos sols. Grâce à un programme de drainage que nous avons demandé et défendu, davantage de nos terres sont aujourd’hui drainées et plus productives. La continuité d’un tel programme est essentielle pour notre région qui n’a pu profiter de ce programme en même temps que les régions du sud du Québec. De meilleures techniques, jumelées à des terres abordables et une relève agricole dynamique, motivée, formée et créative, font que nous n’en sommes plus à gérer la décroissance. Les MRC l’ont bien compris et misent de plus en plus sur l’agriculture dans leur stratégie d’attractivité de nouveaux citoyens.

Évidemment, des défis demeurent. Si la région souhaite optimiser le boom agricole qui se pointe, il faut trouver une façon pour que les terres demeurent la propriété de gens qui habitent la région, de façon à développer notre territoire. Les divers programmes doivent également offrir un soutien adapté à nos réalités.

L’an dernier, la Gaspésie a vu sa population croître de 1 300 personnes et le Bas-Saint-Laurent de 1 500 citoyens. L’Abitibi-Témiscamingue en a perdu 250, ce qui est moins que dans les dernières années. On le voit, le mouvement de retour dans les régions est robuste. J’estime que d’ici 10 ans, nous verrons une forte croissance du secteur agricole avec différents types de fermes et de production, et c’est tant mieux.