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Incompréhension. Voilà le sentiment qui m’habite devant le désinvestissement de l’État en agricul­ture. Incompréhension, parce que l’agriculture est le plus important employeur du secteur primaire au Québec, parce que les investissements en agricul­ture rappor­tent au gouvernement, parce que l’agriculture main­tien des emplois et des sièges sociaux dans toutes les régions, parce que le secteur agricole crée plus d’emplois par dollar investi que plusieurs autres secteurs de l’économie.

Mais est-ce qu’il y a vraiment un désinvestissement de l’État en agricul­ture? OUI, oui il y a un désinvestissement en agriculture. Depuis 2007, l’aide financière versée au Québec est en chute libre. De 2007 à 2014, les paiements de transferts aux agriculteurs québécois sont passés de 1 134 millions de dollars (M$) à 321 M$. Une chute de 72 %. Et quand on nous dit que les agriculteurs du Québec sont les mieux soutenus, ce n’est pas vrai. En 2015, l’aide financière versée aux fermes du Québec était infé­rieure, en pourcentage des revenus agricoles, à la moyenne canadienne. En effet, au Québec les paiements de programmes représentaient 2,5 % des revenus agricoles comparati­vement à 3,7 % pour la moyenne canadienne.

Le résultat observable du désinvestissement est une chute des dépenses en immobilisations au Québec et des baisses de la valeur assurée au programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). Pendant ce temps, d’autres pro­vinces comme l’Ontario ont une tout autre vision et investissent massivement dans le secteur agricole. En 2006, l’Ontario incluait l’agriculture dans son plan de développement économique et mettait en place une politique agricole où tous les ministères travaillent ensemble. Un programme de stabilisation des revenus (Risk Management Program) basé sur le coût de production a notamment été mis en place en 2011. Le climat était donc propice à l’investissement. Si le Québec avait suivi le même rythme que l’Ontario, il aurait investi 1 milliard de dollars (G$) de plus entre 2006 et 2015 et 2,4 G$ de plus selon le rythme canadien.

Alors, en réaction à la baisse du soutien en sécurité du revenu et les menaces qui planent sur l’ASRA, le 25 avril dernier, nous étions 250 personnes mobilisées pour dénoncer la situation. Vos porte-parole de la fédération régionale et des spécialités ont rencontré le ministre régional, Luc Blanchette, le 4 juin dernier pour lui faire part des inquiétudes et des besoins des agri­culteurs et agricultrices. Le ministre s’est engagé à sensibiliser le ministre de l’Agriculture au fait que les AGRIS paient plus quand les revenus augmentent, ce qui est un non-sens comparé à l’ASRA qui stabilise les revenus en période de baisse de prix sur les marchés. Également, le ministre régional a convenu de la nécessité de maintenir le dia­logue avec les porte-parole de l’UPA. Nous sommes convaincus qu’il fera entendre à Québec le message des agriculteurs et agricultrices de sa région que nous lui avons livré. De bons ou­tils, voilà ce dont nous avons besoin pour continuer de faire avancer l’agriculture de la région et du Québec! Soutenir l’agriculture, ça ne coûte pas cher… ça rapporte!


L’Agriculture au Québec

Agriculture = 55 400 emplois directs et des ventes annuelles de 8 G$

Agriculture et transformation = retombées nettes de 3,9 G$ pour les gouvernements (Québec 2,2 G$, fédéral et les municipalités 1,7 G$).

Agriculture = 29 000 sièges sociaux dans les régions du Québec

Agriculture = 1 042 emplois créés pour un investissement de 100 M$, tandis que l’industrie de la construction en crée 846, l’industrie culturelle 834, l’extraction minière de pétrole et de gaz 469, la finance 592 et les services publics 321.