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Le 23 mai dernier, j’ai eu la chance de participer au grand rassemblement TOUS RURAUX, à Québec. TOUS RURAUX est une vaste mobilisation initiée par Solidarité rurale du Québec (SRQ) et portée par plusieurs partenaires qui vise à réaffirmer l’importance d’une ruralité forte pour l’ensemble des Québécois. L’objectif principal est de reconstruire les ponts entre urbains et ruraux afin qu’ils prennent conscience de leur interdépendance et complémentarité. Le rassemblement visait à faire une proposition renouvelée aux Québécois, afin de créer un véritable contrat social entre ruraux et urbains.

Nous, les agriculteurs et agricultrices, sommes au cœur de la ruralité et nous sommes directement concernés par les enjeux des territoires : leur occupation et leur vitalité, leur gouvernance et leur pérennité. Pour moi, une ruralité vivante est composée d’agriculteurs et d’agri­cultrices qui vivent de leur profession avec fierté et qui sont reconnus par leur milieu. Ce sont des voisins agriculteurs et non agriculteurs qui s’entraident. C’est la présence d’un dépanneur, d’une station-service, d’une école ancrée dans la communauté. Ce sont des gens fiers de leur patelin, qui s’impliquent, organisent des activités, achètent local, se côtoient, s’entraident.

Si certains villages peuvent s’enorgueillir de tous ces joyaux, pour d’autres c’est plus difficile. L’étude réalisée par la firme Coop Carbone, présentée le 23 mai, nous informe que les milieux ruraux plus éloignés des grands centres urbains ont plus de difficultés sur le plan de l’économie et leur population est plus âgée.

Pour une ruralité attrayante, nous devons offrir des services de communication modernes. Est-ce nor­mal de ne pas pouvoir bénéficier d’une couverture cellulaire et d’Internet haute vitesse partout au Québec? Il faut également avoir accès à l’éducation, à des commerces de proximité, à des soins de santé.

La pénurie de main-d’œuvre est également plus criante en milieu rural. Tel qu’il a été mentionné le 23 mai, les défis sont nom­breux et seule une concertation territoriale soutenue par une volonté gouvernemen­tale peut permettre de les relever.

Comme le mentionnait Marcel Groleau, lors de son allocution d’ouverture, nous ne voulons pas d’un Québec à deux vitesses. Ce dernier a également for­mulé une demande claire à l’égard du gouvernement du Québec, soit l’application de la Loi pour assurer l’occu­pation et la vitalité des territoires et la stratégie qui en découle. « L’adoption date de 2012, mais on attend toujours les plans d’action des ministères. Il est temps de remettre la ruralité au cœur des priorités sociétales ». Pour se faire, je suis convaincu que le mouvement TOUS RURAUX permettra de mieux posi­tionner la ruralité et, par le fait même, l’agriculture lors de la prochaine campagne électorale. En tant que prin­cipal acteur de la ruralité, c’est à nous de faire connaître l’agriculture et ses retombées.

Pascal Rheault, président