https://www.abitibi-temiscamingue.upa.qc.ca

La rétribution pour les bonnes pratiques agroenvironnementales annoncée par le gouvernement Legault est un pas dans la bonne direction. Pour une fois, le gouvernement rémunère les bonnes pratiques plutôt que de donner des amendes aux fautifs. La carotte plutôt que le bâton. Du positif plutôt que du négatif. Nous ne pouvons pas être contre un programme qui amène de l’argent neuf en agriculture.

Par cet effort, le gouvernement démontre qu’il est conscient que l’agriculture peut faire sa part pour l’environnement. Les producteurs et productrices sont les premiers à vivre les impacts des changements climatiques et de l’érosion des sols, et ils font leur part. Cette aide est donc positive pour y arriver.

Incohérences

Malgré les avancées qu’amène ce programme, il y a de nombreuses incohérences et ce sont les producteurs des régions éloignées (encore) qui sont désavantagés par rapport aux régions du sud du Québec.

Les taux de rémunération à l’hectare ne sont pas les mêmes selon la région où l’on se trouve. Ils ont été établis selon un principe compliqué de monétarisation qui tient compte du coût d’opportunité de la région, de la perception du potentiel de perte et de la priorisation des zones dégradées. En conséquence, un producteur de l’Abitibi-Témiscamingue qui fait du désherbage mécanique pour réduire l’usage de pesticides reçoit environ quatre fois moins que son collègue du sud qui fait le même travail. Pourtant, c’est le même tracteur, la même essence, le même temps et le même avantage sur l’environnement. Idem pour les rotations de culture ou l’installation d’une haie brise-vent.

Une autre incohérence vient du fait que les producteurs qui ont investi de leur propre argent dans le passé pour améliorer l’environnement ne recevront aucune aide financière. Les producteurs biologiques n’auront droit à presque rien, car leurs pratiques sont déjà bien adaptées avec l’environnement. Ils auraient au moins mérité une petite tape dans le dos.

Avec ce programme, nous comprenons que le gouvernement a voulu régler certains problèmes écologiques dans le sud du Québec. Cela peut être compréhensible, même si c’est injuste, mais pourquoi le gouvernement n’aurait pas aussi des programmes spécifiques et adaptés aux régions agricoles périphériques comme l’Abitibi-Témiscamingue?

Consultation

Les groupes de producteurs de notre organisation n’ont pas été consultés avant le lancement de ce programme et il aurait pu être amélioré.

Je répète cependant que de l’argent neuf en agriculture est toujours bienvenu et que nous accueillons favorablement ce programme. Comme cela prend plus de trois ans pour améliorer l’environnement, il faut qu’il soit prolongé au-delà de 2025 et que les producteurs soient consultés avant le lancement d’une éventuelle phase 2.